Plaidoyer citoyen · Québec

La consigne mur-à-mur est inutile.

Chaque fois que vous achetez une canette, vous prêtez 10 ¢ à un système qui les garde en attendant. Pendant ce temps, c'est vous qui rincez, triez et rapportez. On veut simplement retirer la consigne et utiliser le bac de recyclage pour tous les contenants.

Consigne : 72 % → 81 % · cible 90 % (2032) · Bac : ~791 kt · PFP ~483 M$ (2026)

Constat

Parlons-en, c'est important.

On a modernisé le système de recyclage et aussi forcé la consigne bonifiée. C'est contre-productif, et c'est un gaspillage de temps et d'argent.

01

Soyons responsables, recyclons proprement encore

Vous rincez, vous triez, vous transportez. Vous devez accumuler pendant des semaines, alors que le camion de recyclage passe déjà chez vous régulièrement. Ce transport et cette manutention supplémentaires nous semblent inutiles.

Travail invisible
02

Fini la consigne de 10 ¢

À chaque achat, vous prêtez 10 ¢ sans intérêt. Tant que vous n'avez pas rapporté le contenant, l'argent sert à faire rouler le système. Quand on vous rembourse, on vous rend votre dépôt, pas l'avantage qu'il a procuré entre-temps.

Mécanisme central
03

Les items recyclables à haute valeur devraient être aussi au bac, pour économiser collectivement

Selon ÉEQ (PFP 2026), l'aluminium et le PET de boisson quittent massivement la collecte sélective, et ce qui reste coûte plus cher à la tonne. Sans ces matières, le recyclage porte-à-porte devient plus fragile. Notre but est de recycler davantage, pas d'affaiblir ce qui fonctionne.

Ce que dit ÉEQ

Les 10 cents

On prête 10 ¢ à Consignaction... on vous explique le principe.

La consigne n'est pas une « taxe déguisée » : c'est un mécanisme de financement temporaire. Vous payez 10 ¢ à l'achat ; vous les récupérez au retour. Entre les deux, le système utilise cette avance de trésorerie fournie par le citoyen pour financer logistique, tri et manutention.

1 · À la caisse

Vous versez 10 ¢ par contenant. Ce n'est pas un prix : c'est un dépôt remboursable, détenu temporairement par la chaîne Consignaction.

2 · Entre l'achat et le retour

Les 10 ¢ circulent dans le réseau : logistique, tri, manutention. C'est un prêt de trésorerie à très courte durée, renouvelé à chaque cycle de consommation.

3 · Au dépôt

Vous récupérez vos 10 ¢. Le cycle se referme. À un taux de retour de 81 % (H1 2026), la majorité des dépôts revient au citoyen.

Preuve documentaire

La consigne vide le bac — ce que dit ÉEQ.

Le PFP 2026 d'ÉEQ documente la fuite des matières à forte valeur hors du bac. Ce ne sont pas nos chiffres : ce sont ceux de l'organisme responsable de la collecte sélective. Moins de valeur dans le bac, c'est la viabilité du recyclage porte-à-porte qui est en jeu.

Aluminium déclaré au bac

Baisse de plus de 30 % des tonnages d'alu de boisson déclarés au bac, selon les projections du PFP 2026.

PFP ÉEQ 2026, sommaire

Bouteilles PET

Baisse de plus de 50 % des bouteilles PET de boisson déclarées au bac.

PFP ÉEQ 2026, sommaire

Verre et multicouches (2027)

À l'entrée en vigueur de la phase 3 de la consigne : verre −60 %, contenants multicouches −65 % et plus au bac.

PFP ÉEQ 2026, sommaire

Coûts unitaires et structure

Les coûts unitaires augmentent sur le tonnage restant. La collecte et le tri représentent environ 88 à 90 % des coûts du système bac.

PFP ÉEQ 2026, sommaire

Métaux dans le bac (2025)

Les métaux ne représentent qu'environ 4 % du tonnage total récupéré par le bac en 2025.

Bilan ÉEQ 2025

Papier et carton

Le papier et le carton constituent environ 52 % du tonnage bac. Le profil du flux se déplace vers des matières à plus faible valeur unitaire.

Bilan ÉEQ 2025 · PFP 2026

Architecture

Deux chaînes. Une qui vide l'autre.

Les deux sont financées par les producteurs. La consigne capte alu, PET, travail citoyen et avance des 10 ¢. Le bac garde le reste — et perd sa valeur. Ce partage met en danger la collecte sélective. On veut plus de recyclage, pour la planète.

Chaîne Consignaction

Organisme désigné de la consigne des contenants de boissons. Réseau de dépôts, tri citoyen à la source, avance de trésorerie des 10 ¢.

  • Flux à forte valeur : alu et PET de boisson, haute valeur unitaire
  • Taux de retour : 72 % (2025) → 81 % (H1 2026)
  • Cible réglementaire : 90 % d'ici 2032
  • Travail citoyen non rémunéré au cœur du modèle

Chaîne Bac Impact / ÉEQ

Organisme désigné de la responsabilité élargie des producteurs pour emballages et imprimés. Collecte porte-à-porte ou en lieux publics, tri en centres de tri.

  • Périmètre large : papier, carton, plastiques, verre, métaux résiduels
  • ~791 000 tonnes récupérées en 2025
  • PFP : 457 M$ (2025) · 483,4 M$ estimé (2026)
  • Perte des matières à forte valeur documentée par ÉEQ

Ouvrons le débat

Abolir la consigne ? Un bac modernisé mérite d'être discuté.

Aujourd'hui, la double chaîne vide le bac de sa valeur et fragilise le recyclage porte-à-porte. Notre position est claire : nous voulons plus de recyclage, pour la planète, et donc remettre en question la consigne au profit d'un bac unique modernisé. Il faut discuter matière par matière : barre plus haute pour le verre cassable et l'alu/PET côté qualité ; barre plus basse pour justifier d'emblée le carton de lait en double chaîne. Mais ce débat est quasi absent de l'espace public. S'il n'a pas lieu, les fonctionnaires décideront seuls avant la phase 3 (mars 2027). Exigeons une étude indépendante du coût sociétal total, et parlons-en.

La proposition

Un seul bac modernisé, financé à 100 % par les producteurs, reprendrait les contenants de boissons aujourd'hui sous consigne — à condition que les centres de tri atteignent les performances visées. C'est la piste que nous mettons sur la table pour le débat public.

Conditions nécessaires

Qualité du flux. Le bac doit approcher la propreté du tri à la source. Infrastructure. Investissement soutenu dans les centres de tri. Comportement. Participation au bac comparable aux retours consigne. Sans ces conditions, remplacer la consigne serait irresponsable — d'où le besoin d'un vrai débat chiffré.

Ce que le débat doit regarder en face

Passer à un bac unique, c'est renoncer au fonds de roulement des 10 ¢ et au travail citoyen non payé (nettoyage, tri, transport). C'est aussi gérer un flux plus mixte, avec un risque de dilution de qualité. ÉEQ documente déjà des coûts unitaires plus élevés quand le bac perd l'alu et le PET. Ces points doivent être chiffrés — pas utilisés pour clore la conversation.

Pas une guerre de camions

Le vrai enjeu n'est pas deux camions dans la même rue. C'est le partage de valeur en aval : qui vend l'alu et le PET propres, à qui, à quel prix. La consigne concentre ce marché ; le bac perd ces matières. Le débat public doit parler de ça — pas seulement de logistique locale.

Ce qu'il faut étudier — et discuter

Personne n'a publié le coût sociétal total net. Ni le gouvernement, ni ÉEQ, ni Consignaction. Avant la phase 3 (mars 2027), exigeons une étude indépendante : producteurs, citoyens, municipalités, commerçants, qualité des matières, externalités. Et parlons-en en public — sinon l'administration décidera seule.

Objections

Des réponses pour un vrai débat.

« La consigne offre un flux de meilleure qualité »

C'est vrai, et c'est central. Le tri citoyen à la source produit un alu et un PET plus propres que le flux mixte du bac. Personne ne le nie. La question du débat public : un bac modernisé, avec les bons investissements, peut-il s'en approcher assez pour justifier la fin de la consigne — et protéger le recyclage global ?

« La cible de 90 % d'ici 2032 est ambitieuse »

La trajectoire (72 % en 2025, 81 % au H1 2026) montre que le système consigne gagne du terrain. C'est précisément pourquoi le débat public ne peut plus attendre : plus les taux montent, plus le bac se vide de sa valeur, et plus la phase 3 (mars 2027) verrouille le modèle. Ambition réglementaire ≠ preuve que c'est le bon modèle pour le recyclage global.

« La contamination reste un problème au bac »

Reconnu. Le taux de contamination du bac (~13 % en 2025) est un défi structurel. C'est exactement pourquoi un bac unique ne se décrète pas : sans investissement et sans amélioration de la qualité du flux, déplacer alu et PET vers le bac pourrait dégrader le recyclage global. Le débat public doit chiffrer ce risque — pas s'en servir pour interdire la conversation.

« Les files d'attente aux dépôts frustrent les citoyens »

C'est un coût réel du modèle consigne, surtout en région mal desservie. Files, trajets, attente : du temps citoyen non payé, en plus du nettoyage et du tri. Notre analyse ne l'efface pas — elle l'ajoute au bilan. C'est un des éléments à chiffrer dans l'étude de coût sociétal total, et une raison de plus d'ouvrir le débat public.

« Des canettes finissent encore dans le bac »

Oui. Une partie des contenants consignables finit encore dans le bac : le citoyen perd ses 10 ¢, et le bac reçoit un flux qu'il n'est pas censé traiter ainsi. C'est un enjeu de conformité et d'éducation — pas une preuve qu'il faudrait « compter deux fois » la même canette. Ça montre surtout que le dédoublement des chaînes crée de la friction, pas de la clarté.

« Et les consignes non réclamées ? »

Les non-réclamées existent, mais ce n'est pas notre thèse. Le cœur du débat, c'est le travail citoyen gratuit, le fonds de roulement des 10 ¢, et le bac vidé de sa valeur (ÉEQ). Centrer sur les dépôts non réclamés détourne de ces mécanismes — et de la question : comment augmenter le recyclage pour la planète.

« La consigne se défend mieux pour le verre (et l’alu/PET) que pour le carton »

Oui, et c’est exactement la nuance qui manque au débat public. Pour l’aluminium et le PET, on l’admet déjà plus haut : le tri à la source donne un flux plus propre que le bac mixte. Pour le verre cassable (vin, spiritueux, eau en verre, phase 3), les sources québécoises (RECYC-QUÉBEC, CRIQ) et des synthèses comme l’OCDE confirment aussi un problème de casse et de contamination au bac. Le verre de bière, lui, reste à part : c’est surtout du réemploi (lavage et remplissage, consigne réutilisable), pas la même logique que la canette ni que le verre à usage unique de la phase 3 (recyclage, pas réemploi). Voir aussi le callout bière ci-dessus.

Le carton multicouche / lait est le maillon le plus faible de l’argument « qualité » : sous des systèmes de consigne canadiens matures, les taux de retour des cartons sont structurellement plus bas que ceux de l’alu ou du verre, et le recyclage reste un procédé complexe (fibres + résidu plastique/alu). ÉEQ projette déjà −65 %+ de multicouches quittant le bac en phase 3. Donc : la consigne ne se justifie pas pareil matière par matière. La phase 3 carton est le meilleur point de débat avant mars 2027, pas une preuve que toute consigne est bonne, ni que notre étude est finie. Voir Sources, Complément · Matières.

Agir

Partagez. Écrivez. Ouvrez le débat.

Le sujet est absent de l'espace public. Sans conversation, les fonctionnaires tranchent seuls avant mars 2027. Trois gestes.

1 · Partagez le dossier

2 · Écrivez à votre député(e)

Demandez une étude indépendante du coût sociétal total avant toute décision sur la phase 3 (mars 2027) :

Madame, Monsieur,

Au Québec, la consigne élargie et le bac de collecte sélective coexistent, toutes deux financées par les producteurs. La consigne vide le bac de sa valeur (aluminium et PET de boisson), comme le documente ÉEQ dans son plan financier 2026. Le travail citoyen non payé et l'avance des 10 ¢ financent ce modèle — au détriment, selon nous, du recyclage global et de la planète.

Avant l'entrée en vigueur de la phase 3 de la consigne (mars 2027), je vous demande de soutenir une étude indépendante du coût sociétal total des deux chaînes, et d'ouvrir un vrai débat public sur l'abolition de la consigne au profit d'un bac unique modernisé. Sans conversation, l'administration tranchera seule.

Dossier : zero-consigne.site

Cordialement,

3 · Consultez les sources

Chaque chiffre est rattaché à un document public. Vérifiez vous-même :